SOLIDARITE GUYANE
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Notre interprétation des chiffres du rapport de l'IVS portant sur l'imprégnation mercurielle des populations Amérindiennes.


Comparatif des mesures moyennes du mercure capillaire (retenues pour estimer l'exposition au méthyl-mercure) :

- moyenne mondiale : environ 2 µg/g

- France métropolitaine : 1,7 µg/g

- communauté amérindienne wayana : 11,7 µg/g pour les adultes et 14 µg/g pour les enfants

- limite maximum définie par l'OMS : 10 µg/g

Analyse des mesures effectuées en Guyane en des lieux différents :

- Awala, village du littoral près de l'embouchure du Maroni : 1,4 µg/g

Il est peu exposé à la pollution par le mercure car celle-ci est diluée par le Maroni

- Camopi, village situé sur les rives de l'Oyapock : 6,5 µg/g

Les lieux de pêche de ce village traversent des zones orpaillées autrefois de manière intensive (1986 - 87). L'écart avec le niveau d'Awala pourrait donc être imputable à cette exposition due aux rejets de mercure du passé.

- Elahé et Kayodé, villages situés dans le Haut-Maroni sur les rives du Tampoc : 11,7 µg/g (adultes) et 14 µg/g (enfants)

Le regain de l'activité aurifère en amont de ces villages remonte à 1995. Il y eut d'abord des barges clandestines venues du Surinam puis à partir de 1996 des chantiers à terre (avec motopompes et lances monitor) déversant leurs eaux boueuses dans le Tampoc et son affluent la Waki. L'écart avec le niveau de Camopi est donc directement lié à ce regain d'activité.

Il faut en conclure que les activités d'orpaillage ont causé en l'espace de 18 mois une intoxication aiguë du milieu aquatique ayant des conséquences sanitaires sur les populations Wayana et Emérillon décelable dès mars 1997 (date de réalisation de l'étude précédente).

L'activité aurifère sur le Haut-Maroni n'a fait que s'amplifier depuis cette date dans une zone (protégée par arrêté préfectoral depuis 1970) où les autorisations données pour l'installation d'orpailleurs ont été qualifiées "d'erreurs administratives" (J.J Queyranne dans France-Guyane du 18/03/00 et Présidence de la République dans un courrier daté du 18/10/2000).

A ce jour aucune mesure concrète n'a été initiée pour traiter ces populations sur le plan médical.

Les autorités invitent les populations à ne pas consommer certaines catégories de poissons plus particulièrement intoxiquées. Mais quand on a faim il est difficile de rejeter le poissson pris malgré les risques encourus


"Le chemin entre l'indifférence et le mépris n'est pas bien long,

il est le même entre le mépris et le racisme"

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