SOLIDARITE GUYANE
Accueil Retour
 

Un futur Minamata* en Guyane française


Minamata : ville du Japon où la population, se nourrissant essentiellement de poisson, a été victime d'une intoxication par les eaux contaminées de mercure. Il en résulta pendant plusieurs dizaines d'années des milliers de morts et plus de 30% des enfants sont porteurs des stigmates de " la maladie de Minamata ", laquelle est devenue une maladie congénitale.


Il ne fait de doute pour personne (hormis les autorités et quelques scientifiques asservis) que toutes les conditions d'un nouveau Minamata sont réunies en Guyane française.

De multiples analyses scientifiques (Institut National de Veille Sanitaire, INSERM, IRD,…) ont révélé puis confirmé des taux d'imprégnation mercurielle de groupes de populations (principalement amérindiennes dans le Haut-Maroni et le Haut-Oyapock) à des niveaux tels que, au-delà des conséquences médicales constatées (altération de la vue, de l'ouïe, de la motricité, des réflexes, …), les incidences génétiques sont inéluctables.

Déjà de très nombreux cas d'enfants mort-nés et de malformations fœtales (exemple : enfants sans membres ou sans oreilles) échappent à toutes statistiques médicales car non constatés dans les structures du corps médical. Dans chaque village amérindien (Wayana et Emérillon) du Haut-Maroni et surtout du Tampoc, quasiment toutes les femmes ayant eu plusieurs grossesses en ont eu au moins une non aboutie. Dans le même temps qu'en est-il pour les enfants nés viables mais dont les gènes auront été altérés par l'imprégnation mercurielle ?

L'imprégnation mercurielle est essentiellement imputable à la consommation de poisson contaminé (et plus particulièrement les poissons carnivores) par le méthyl-mercure issu de l'activité aurifère. Mais malgré les recommandations déculpabilisantes des autorités les amérindiens n'ont pas d'alternative dans la mesure où le gibier est très rare (décimé par les orpailleurs qui exploitent sur les zones de subsistances des amérindiens) et le poisson constitue leur principale source de protéines.

Après le sang contaminé et la vache folle, à quand un procès à l'échelle nationale sur l'imprégnation mercurielle?

La plainte contre X pour empoisonnement au mercure avec constitution partie civile déposée en janvier 2001 par la FOAG (à partir du texte proposé par Solidarité Guyane) au Tribunal de Cayenne est en cours d'instruction (et probablement pour longtemps au regard du peu d'empressement des représentants de la justice en Guyane).

Pendant ce temps-là l'orpaillage et son corollaire environnemental destructeur s'intensifient en 'pays indien'. L'administration, de par sa complaisance à l'égard du cartel (pour ne pas dire mafia) de l'orpaillage, cautionne des espaces de non-droit. Au nom du 'développement durable' quelques orpailleurs bénéficient de protection et s'enrichissent aux dépens de la collectivité publique, tout en asservissant le personnel qu'ils emploient.

Quid des exploitations illicites au vu et au su des autorités ?

Quid des charniers découverts à Dorlin ?

Pour 3 tonnes d'or extraites :

- 1 tonne rembourse les investissements et les coûts d'extraction,

- 1 tonne constitue la marge bénéficiaire,

- 1 tonne finance la liberté d'opérer dans l'illégalité (et, selon certains, alimenterait les caisses de partis politiques).

Dans les salons feutrés de la technocratie, la stratégie évoquée est : il est urgent de ne rien faire. Maintenons cette situation en l'état pendant encore 5 ans. Les sites vont s'épuiser et l'orpaillage se réduira de lui-même.

Hélas, c'est sans compter sur la cupidité des hommes et la réalité du contexte géopolitique local. Car pour protéger les contrats commerciaux d'Ariane, combien de temps la France métropolitaine gardera sous silence la réalité guyanaise et son état de sous-développement et tolérera ces espaces de non-droit ?

 

Le résultat des dernières analyses mercure dans les villages Wayana du Haut-Maroni sont disponibles en ligne.


"Le chemin entre l'indifférence et le mépris n'est pas bien long,

il est le même entre le mépris et le racisme"

Accueil Retour
Copyright © 2005 Solidarité Guyane