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Le projet de Parc dans le sud de la Guyane

(Mis à jour le 12 octobre 2005)


Suite à la publication de l’avant-projet proposé par la Mission pour la Création du Parc de Guyane,

nous livrons nos premiers commentaires

 

Suite à la lecture de l’avant-projet nous avons relevé bon nombre d’incohérences : d’une part les problèmes d’environnement, sociaux, sanitaires, de risque mercure sur les populations sont bien posés, d’autre part les décisions vont à l’encontre des préconisations de précaution en autorisant l’orpaillage dans les zones de droits d’usage comprises dans les espaces de libre adhésion du Parc. Cette décision est criminelle et nous contraint à abandonner notre neutralité au vu de nos analyses mercure mettant en évidence l’accroissement du niveau d’empoisonnement des populations amérindiennes de génération en génération, confirmant les craintes des plus éminents spécialistes mondiaux du mercure qui nous ont alertés sur l’évolution locale vers le syndrome de Minamata qui sera atteint dans 2 ou 3 générations au rythme actuel. Rendre l’orpaillage légal dans ces zones s’apparente donc à un génocide des peuples premiers résidents dans ces espaces.

 

Il est à noter aussi que les chefs coutumiers des villages amérindiens concernés sont favorables au Parc dans la mesure où l’orpaillage y sera interdit. Pour preuve la commune de Camopi, où les amérindiens ont autorité, a demandé à être incluse dans le coeur de Parc afin d’être protégée de l’orpaillage. Alors que sur la commune de Maripasoula (commune de 18360 km²) seulement 8000 km² seraient en coeur de Parc. Il est à rappeler que Maripasoula est une commune essentiellement Noirs-Marrons Bonis, parmi lesquels figurent les principaux commanditaires des activités d’orpaillage illégal dans les zones d’usage des populations amérindiennes du sud. Certaines autorités coutumières Bonis sont impliqués, directement ou indirectement, dans ces activités d’orpaillage et ont utilisé tous les leviers pour rendre leur activité légale sur le futur Parc en réduisant au maximum les zones coeur de Parc (interdites d’orpaillage).

 

L’orpaillage alluvionnaire qui sera ainsi effectué dans les zones de droits d’usage, en réactivant les fortes quantités de mercure d’origine naturelle et anthropique contenu dans les sols, accélèrera la pollution du biotope, l’empoisonnement des populations et fera du Parc un contre-exemple de protection de la forêt amazonienne (à l’initiative de la France).

 

Quelques incidences, parmi d’autres, de l’orpaillage dans les zones de droits d’usage :

- lessivage intense des sols causant la turbidité des eaux et le colmatage du lit des rivières et des fleuves au préjudice de la faune aquatique

- entraînement du mercure dans les milieux aquatiques où il se transforme en forme méthylée et intoxique toute la chaîne alimentaire par bioaccumulation avec l’homme à son extrémité

- augmentation des zones inpaludées

- responsable de la pollution des eaux de consommations des populations locales (décès de plusieurs nouveaux-nés (diarrhées))

- disparition de la faune à la périphérie des zones d’orpaillage (donc altération des écosystèmes)

- risque de conflits inter-ethniques (récent vol (septembre 2005) de 4 moteurs hors-bord dans un village amérindien par des orpailleurs non-brésiliens de Maripasoula en zone illégale du secteur de la Waki)

- altération des sources d’alimentation des points d’eau « potable » situés en aval

 

Autre conséquence :

Le pays indien, protégé par l'arrêté de 1970, n'existera plus. Les amérindiens du sud verront leur acculturation et leur déstructuration sociale accélérées avec pour révélateur statistique le nombre de suicides particulièrement élevé (notamment chez les adolescents). Une deuxième colonisation de leur espace traditionnel se prépare avec la réduction de leurs prérogatives sur leurs zones de droits d'usage, lesquelles sont indispensables à la satisfaction de leurs besoins alimentaires. 


"Le chemin entre l'indifférence et le mépris n'est pas bien long,

il est le même entre le mépris et le racisme"

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